En finance, le mot anglais bond signifie simplement obligation en français. Il n’a donc rien à voir avec l’expression « faire des bonds ».
Lorsque vous achetez un bond, vous prêtez de l’argent à un État, une collectivité ou une entreprise. En contrepartie, l’émetteur s’engage généralement à vous verser des intérêts et à vous rembourser le capital à une date déterminée.
Les obligations peuvent apporter des revenus et réduire certaines fluctuations d’un portefeuille. Elles ne sont toutefois ni garanties contre les pertes ni systématiquement plus sûres que toutes les autres formes d’investissement.
En résumé :
- un bond est un titre de dette ;
- son rendement dépend notamment de son prix, de son taux et de son échéance ;
- son prix peut baisser lorsque les taux d’intérêt augmentent ;
- un rendement élevé signale souvent un risque plus important ;
- une obligation individuelle fonctionne différemment d’un fonds obligataire ;
- la fiscalité dépend de l’émetteur, du compte utilisé et de votre résidence fiscale.
Un bond en finance, c’est quoi ?
Un bond est un titre de créance. L’investisseur devient le créancier de l’émetteur, et non l’un de ses propriétaires.
Trois notions permettent de comprendre son fonctionnement.
Le principal ou la valeur nominale
Le principal correspond au montant que l’émetteur promet de rembourser à l’échéance, sous réserve qu’il ne fasse pas défaut.
Une obligation peut cependant être achetée ou vendue à un prix supérieur ou inférieur à cette valeur nominale.
Le coupon
Le coupon correspond aux intérêts versés par l’émetteur. Il peut être fixe, variable ou parfois inexistant dans le cas d’une obligation zéro-coupon.
Le taux du coupon ne doit pas être confondu avec le rendement réellement obtenu par l’investisseur. Ce rendement dépend également du prix payé.
L’échéance
L’échéance est la date à laquelle le principal doit être remboursé.
Une obligation peut arriver à échéance dans quelques mois, plusieurs années ou plusieurs décennies. Plus sa durée ou sa duration est élevée, plus son prix est généralement sensible aux variations des taux d’intérêt.
Selon Investor.gov, acheter une obligation revient à prêter de l’argent à un émetteur en échange d’intérêts et du remboursement prévu du principal.
Exemple simple de fonctionnement
Imaginons une obligation d’une valeur nominale de 10 000 dollars, assortie d’un coupon annuel de 4 % et d’une échéance de cinq ans.
Elle verse théoriquement 400 dollars d’intérêts par an. À l’échéance, l’émetteur doit rembourser les 10 000 dollars, s’il est toujours en mesure d’honorer ses engagements.
Si vous conservez l’obligation jusqu’à l’échéance, le prix affiché quotidiennement sur le marché importe moins que la capacité de l’émetteur à payer.
En revanche, si vous devez la vendre avant l’échéance, son prix peut être supérieur ou inférieur à 10 000 dollars.
Quelle différence entre une obligation et une action ?
Une action représente une part de propriété dans une entreprise. Une obligation représente une dette de l’émetteur envers l’investisseur.
Avec une action :
- le rendement provient éventuellement des dividendes et de l’appréciation du cours ;
- il n’existe normalement aucune date de remboursement du capital ;
- l’actionnaire participe au potentiel de croissance de l’entreprise ;
- les fluctuations peuvent être importantes.
Avec une obligation :
- l’investisseur reçoit les paiements prévus par le contrat ;
- une date d’échéance est généralement définie ;
- le rendement potentiel est habituellement plus limité ;
- l’investisseur reste exposé aux risques de taux, de défaut, d’inflation et de liquidité.
En cas de faillite, les créanciers sont généralement remboursés avant les actionnaires, sans que cela garantisse une récupération intégrale du capital.
Les principales obligations américaines
Les titres du Trésor américain
Les titres du Trésor sont des dettes du gouvernement fédéral américain.
Ils comprennent notamment :
- les Treasury Bills, dont l’échéance ne dépasse pas un an ;
- les Treasury Notes, avec des échéances comprises entre deux et dix ans ;
- les Treasury Bonds, émis sur vingt ou trente ans ;
- les TIPS, dont le principal est ajusté selon l’inflation ;
- les Floating Rate Notes, dont le taux varie périodiquement.
Ces titres sont soutenus par le gouvernement fédéral américain, mais leur valeur de marché peut malgré tout baisser avant l’échéance lorsque les taux augmentent.
TreasuryDirect présente les différentes catégories de titres du Trésor.
Les municipal bonds
Les municipal bonds, ou munis, sont émis par des États, des villes ou d’autres collectivités américaines.
Les intérêts sont généralement exonérés de l’impôt fédéral sur le revenu. Ils peuvent également être exonérés de l’impôt de l’État lorsque l’investisseur réside dans l’État émetteur.
Il existe cependant des exceptions. Certaines obligations municipales sont imposables, et certains revenus peuvent être concernés par l’Alternative Minimum Tax.
L’avantage fiscal ne suffit donc pas à déterminer si une municipal bond est intéressante. Il faut comparer son rendement après impôt, son risque et sa durée avec les solutions disponibles.
Les corporate bonds
Les corporate bonds sont émis par des entreprises.
Leur rendement est généralement supérieur à celui des titres du Trésor, car l’investisseur supporte un risque de défaut plus important.
On distingue couramment :
- les obligations investment grade, émises par des entreprises considérées comme relativement solides ;
- les obligations high yield, également appelées junk bonds, dont le rendement potentiel est plus élevé, mais avec un risque de défaut supérieur.
Une note de crédit ne constitue pas une garantie et peut être modifiée après l’achat.
Les obligations internationales
Un investisseur américain peut également acheter des obligations émises par des États ou entreprises situés en dehors des États-Unis.
Lorsqu’elles sont libellées en euros ou dans une autre devise, leur résultat en dollars dépend aussi du taux de change. Pour une famille franco-américaine, ce risque peut être pertinent lorsque les dépenses futures sont réparties entre plusieurs monnaies.
Pourquoi le prix des obligations baisse-t-il lorsque les taux montent ?
Supposons qu’une ancienne obligation verse un coupon de 3 %. De nouvelles obligations comparables arrivent ensuite sur le marché avec un taux de 5 %.
Un investisseur n’a généralement pas intérêt à payer le même prix pour l’ancienne obligation à 3 %. Son prix doit donc baisser pour que son rendement devienne plus compétitif.
Inversement, lorsque les taux baissent, une ancienne obligation assortie d’un coupon supérieur peut devenir plus attractive et prendre de la valeur.
Cette relation concerne surtout les obligations à taux fixe. Son ampleur dépend notamment de la duration :
- une duration faible signifie généralement une sensibilité plus limitée ;
- une duration élevée signifie généralement une variation de prix plus importante pour un même changement de taux.
Les obligations à long terme ne sont donc pas simplement une version légèrement plus rémunératrice des obligations à court terme. Leur comportement peut être très différent.
Quels sont les risques des bonds ?
Le risque de taux
Une hausse des taux peut entraîner une baisse du prix des obligations existantes. Ce risque est généralement plus important pour les obligations de longue durée.
Le risque de crédit
L’émetteur peut rencontrer des difficultés et ne plus être capable de verser les intérêts ou de rembourser le principal.
Le risque d’inflation
Si une obligation verse un revenu fixe inférieur à l’inflation, le pouvoir d’achat réel des paiements diminue.
Le risque de liquidité
Certaines obligations sont peu échangées. Il peut alors être difficile de les vendre rapidement à un prix satisfaisant.
Le risque de remboursement anticipé
Certaines obligations sont callable : l’émetteur peut les rembourser avant l’échéance. Cela survient notamment lorsque les taux baissent et que l’émetteur peut se refinancer moins cher.
L’investisseur récupère alors son capital, mais doit éventuellement le replacer à un rendement inférieur.
Le risque de change
Une obligation libellée dans une autre devise peut gagner ou perdre de la valeur en dollars, indépendamment de la situation financière de son émetteur.
FINRA recense ces différents risques associés aux obligations.
Obligation individuelle ou fonds obligataire ?
Il est possible d’investir directement dans une obligation ou indirectement au moyen d’un fonds ou d’un ETF obligataire.
Une obligation individuelle
Avec une obligation individuelle :
- une échéance précise est connue ;
- les paiements sont définis par le contrat ;
- le principal doit être remboursé à l’échéance, sauf défaut ou remboursement anticipé ;
- une vente avant l’échéance peut entraîner une perte ;
- la diversification demande souvent davantage de capital et de suivi.
Un fonds ou ETF obligataire
Un fonds obligataire détient de nombreuses obligations.
Il peut offrir :
- une diversification plus facile ;
- une gestion simplifiée ;
- une liquidité quotidienne pour de nombreux ETF ;
- une exposition à une catégorie entière d’obligations.
En revanche, la plupart des fonds n’ont pas une date à laquelle l’investisseur récupère automatiquement un montant nominal déterminé. Leur valeur fluctue avec celle des obligations détenues, les mouvements des investisseurs et la stratégie du gestionnaire.
Il est donc possible de perdre de l’argent dans un fonds obligataire, y compris lorsqu’il investit dans des titres du gouvernement américain. La SEC explique cette distinction dans son guide sur les fonds obligataires.
Avant d’acheter un ETF ou un fonds, vérifiez :
- son indice ou sa stratégie ;
- sa duration ;
- la qualité de crédit moyenne ;
- son rendement à l’échéance ;
- ses frais ;
- sa devise ;
- sa concentration géographique ;
- la présence éventuelle d’obligations high yield.
Quelle place pour les obligations dans un portefeuille ?
Les obligations peuvent remplir plusieurs fonctions :
- produire des revenus ;
- financer une dépense future à une date connue ;
- réduire certaines fluctuations par rapport à un portefeuille composé uniquement d’actions ;
- diversifier les sources de risque ;
- constituer une réserve destinée au rééquilibrage.
Elles ne montent toutefois pas automatiquement lorsque les actions baissent. Une hausse rapide des taux ou de l’inflation peut pénaliser simultanément les actions et les obligations.
Il n’existe pas de répartition universelle entre actions et obligations. L’allocation dépend notamment :
- de votre horizon ;
- de vos besoins de revenus ;
- de votre tolérance aux pertes ;
- de vos dépenses futures ;
- de votre situation fiscale ;
- des autres actifs que vous détenez ;
- de la devise dans laquelle vous utiliserez l’argent.
Un projet immobilier prévu dans trois ans ne doit pas nécessairement être financé comme une retraite située dans vingt-cinq ans. Pour les sommes nécessaires à court terme, consultez également notre guide sur les placements à court terme.
Quelle est la fiscalité des obligations aux États-Unis ?
La fiscalité dépend du type d’obligation et du compte utilisé.
En règle générale :
- les intérêts des Treasury Bills, Notes et Bonds sont imposables au niveau fédéral, mais exonérés des impôts étatiques et locaux ;
- les intérêts de nombreuses municipal bonds sont exonérés d’impôt fédéral, avec plusieurs exceptions ;
- les intérêts des corporate bonds sont généralement imposables ;
- une vente avant l’échéance peut produire une plus-value ou une moins-value ;
- un compte de retraite comme un IRA ou un 401(k) possède ses propres règles fiscales.
L’IRS détaille ces traitements dans la Publication 550.
Pour une personne résidant en France, préparant un retour ou possédant des comptes dans les deux pays, le traitement peut aussi dépendre de la résidence fiscale, de la convention franco-américaine et de l’enveloppe utilisée. Une analyse transfrontalière est alors nécessaire.
Comment choisir ses obligations ?
Avant d’investir, posez-vous les questions suivantes.
À quelle date aurai-je besoin de l’argent ?
L’échéance ou la duration doit être cohérente avec le projet financé. Une obligation de très longue durée peut être mal adaptée à une dépense prévue dans deux ans.
Quel risque de crédit puis-je accepter ?
Un rendement élevé rémunère généralement un risque supplémentaire. Ne sélectionnez pas une obligation uniquement parce que son coupon paraît attractif.
Quel rendement dois-je comparer ?
Le coupon ne suffit pas. Examinez notamment le rendement à l’échéance, le prix d’achat et la possibilité d’un remboursement anticipé.
Quel sera le rendement après impôt ?
Une municipal bond offrant un taux inférieur peut parfois être intéressante pour un contribuable fortement imposé. Pour un autre investisseur, une Treasury ou une corporate bond peut être plus adaptée.
Ai-je besoin d’une obligation individuelle ou d’un fonds ?
Une obligation individuelle peut servir à financer une dépense à une date précise. Un ETF peut être plus pratique pour diversifier un portefeuille avec un montant limité.
Comment acheter des obligations américaines ?
Les titres du Trésor peuvent être achetés :
- directement lors d’une adjudication via TreasuryDirect ;
- par l’intermédiaire d’une banque ou d’un courtier ;
- indirectement au moyen d’un fonds ou ETF.
Les obligations municipales et d’entreprises sont généralement achetées par l’intermédiaire d’un courtier. Les ETF obligataires se négocient comme des actions dans un compte de courtage.
Avant tout achat, consultez les documents officiels, le prospectus, les frais, la notation, la liquidité et les conditions de remboursement.
Les erreurs les plus fréquentes
Évitez notamment de :
- considérer toutes les obligations comme sans risque ;
- choisir uniquement le coupon le plus élevé ;
- confondre coupon et rendement ;
- ignorer la duration ;
- utiliser une obligation longue pour un besoin proche ;
- concentrer tout le portefeuille sur un seul émetteur ;
- oublier les frais et la fiscalité ;
- négliger le risque de change ;
- croire qu’un fonds obligataire remboursera automatiquement un montant fixe à une date précise ;
- supposer que les obligations monteront pendant chaque baisse boursière.
Bonds et stratégie patrimoniale franco-américaine
Les obligations peuvent être utiles, mais leur sélection doit être coordonnée avec le reste du patrimoine : actions, liquidités, immobilier, comptes de retraite et projets en France ou aux États-Unis.
La bonne question n’est donc pas seulement « quel bond rapporte le plus ? », mais plutôt « quel risque, quelle durée, quelle fiscalité et quelle devise correspondent à mon objectif ? ».
Découvrez également notre approche de la gestion des investissements entre la France et les États-Unis.
Si vous souhaitez définir une allocation adaptée à votre situation, vous pouvez prendre rendez-vous avec notre équipe.
FAQ
Un bond est le terme anglais pour désigner une obligation. L’investisseur prête de l’argent à un État, une collectivité ou une entreprise en échange d’intérêts et du remboursement prévu du capital à l’échéance.
Dans le domaine financier, bonds se traduit par obligations. Un Treasury bond est une obligation du Trésor américain, un corporate bond une obligation d’entreprise et un municipal bond une obligation émise par une collectivité.
Oui. Une obligation peut perdre de la valeur lorsque les taux augmentent, lorsque la solvabilité de l’émetteur se détériore ou lorsqu’elle doit être vendue avant son échéance. Un fonds obligataire peut également enregistrer des pertes.
Lorsque de nouvelles obligations offrent des taux plus élevés, les anciennes obligations moins rémunératrices deviennent moins attractives. Leur prix de marché baisse généralement afin que leur rendement redevienne compétitif.
Une obligation individuelle possède une échéance précise et prévoit le remboursement du principal, sauf défaut ou remboursement anticipé. Un ETF offre une diversification plus simple, mais sa valeur fluctue et il ne garantit généralement pas le remboursement d’un montant déterminé à une date précise.
Les Treasury Bills ont une échéance maximale d’un an. Les Treasury Notes sont émises sur des durées de deux à dix ans. Les Treasury Bonds ont actuellement des échéances de vingt ou trente ans.