Prendre une décision financière quelle qu’elle soit peut sembler simple pour certaines personnes et compliquée pour d’autres. Est-ce une mauvaise décision ? Une bonne décision ? Vais-je perdre de l’argent ? Cet article va explorer les différents aspects liés à la prise/ou à l’absence de décisions financières.

C’est un sujet que j’aborde souvent avec mes clients. La question n’est pas toujours de prendre la meilleure décision financière, mais celle qui a le plus de sens dans votre situation particulière.

Côté émotionnel vs côté financier

Dans toutes décisions financières, il y a un côté émotionnel et un côté financier. Ils peuvent être quelques fois alignés ou en contradiction.

Par exemple, rembourser vos prêts immobiliers…

Financièrement, il n’y a aucune raison de rembourser vos prêts en avance. L’argent que vous utiliseriez pour rembourser le prêt peut être placé sur le long terme, même de manière moyennement risquée, et vous rapporter plus que le taux d’intérêt de votre prêt. Imaginons un prêt immobilier à 3 % et un investissement qui rapporte 7 % : 7-3=4 % que vous récupérez en faisant cet arbitrage.

Émotionnellement en revanche, la conclusion peut être différente. Certains de mes clients ne veulent pas avoir de dettes et veulent donc rembourser leur prêt le plus vite possible. Il y a quelque chose d’attractif à ne pas avoir de dettes du tout. Même si financièrement et en termes de credit score ce n’est pas la meilleure stratégie, ça peut avoir du sens émotionnellement. Ce paramètre doit aussi être pris en compte dans la décision d’utiliser cet argent.

Dans tous les cas, la plus mauvaise des décisions serait de ne rien à faire avec l’argent et de le laisser dormir.

Il est aussi possible de faire un compromis entre les deux aspects. Par exemple, utiliser la moitié de l’argent pour rembourser le prêt en anticiper et l’autre moitié pour investir.

En plus des deux aspects émotionnels et financiers d’une décision, il y a ce que j’appelle la qualification d’une décision financière. Une décision financière peut être qualifiée de trois manières – que la décision soit émotionnelle ou purement financière. Il y a de mauvaises décisions, des décisions raisonnables et des décisions optimales.

Les mauvaises décisions

Elles sont quelquefois difficiles à identifier, car nous, humains, avons tendance à confondre résultats et processus ainsi que la notion de chance et d’aptitudes.

Par exemple, je peux ne pas respecter le Code de la route et aller plus rapidement d’un point A à un point B qu’un autre conducteur.

Le résultat est positif : je suis plus rapide. Le processus est mauvais : je prends trop de risques.

Mais je n’ai jamais eu d’accidents… Est-ce parce que je suis bon conducteur ou est-ce que parce que je suis chanceux ?

Je peux aussi respecter le Code de la route et avoir un accident. Bon processus, mauvais résultats.

Ce qui peut semblait évident dans cet exemple devient plus difficile à percevoir quand on parle de finance et d’investissements.

Voilà quelques exemples de mauvaises décisions que je rencontre régulièrement :Avoir la majorité de son patrimoine dans une seule action. Je vois beaucoup ça dans la tech avec des entreprises comme Netflix, Tesla, Amazon, Facebook, Google, Apple qui ont augmenté énormément ces dernières années. Bons résultats… mauvais processus.

  • En règle générale, avoir plus de 10 % de son patrimoine dans un seul investissement n’est pas une bonne idée. C’est aussi un exemple de décision émotionnel vs financier. « je suis devenu riche grâce à cette action »… « c’est une boite solide qui ne se cassera jamais la figure », etc. Il est possible de trouver de multiples explications pour justifier le fait de garder la plupart de son patrimoine dans une seule entreprise. C’est humain. Cela ne veut pas dire que je conseille de revendre tout d’un coup ! il faut avoir une stratégie.
  • Garder son argent en cash dans le savings account d’une banque. Au minimum, l’argent devrait être mis dans un high yield savings account si vous allez rester aux États-Unis moins de deux ans et investis si vous comptez rester aux États-Unis plus de 5 ans.
  • Utiliser tout ce qui est options financières, notes structurées et autres produits dérivés. Ces produits sont complexes et peuvent avoir des comportements encore moins prédictibles que les marchés financiers.
  • Utiliser des prêts à la consommation via vos cartes de crédit ou d’autres moyens. Ces prêts ont un taux d’intérêt très haut (10 % à 20 %+).
  • Ne pas avoir de testament quand vous avez des enfants. Voulez-vous qu’un juge décide de qui va garder vos enfants ?

Les décisions raisonnables

Les décisions que j’appelle « raisonnable » sont des décisions qui ne sont peut-être pas optimales au sens financier, mais ne sont pas pour autant de mauvaises décisions. Je les conseille quelques fois à mes clients selon leur situation.

Par exemple :

  • Rembourser un prêt immobilier de manière anticipée. Comme nous l’avons vu plus haut, ce n’est pas forcément la décision optimale, mais ce n’est pas non plus une mauvaise décision.
  • Garder un fond d’urgence important. Garder un fond d’urgence de plus de 6 mois (si vous êtes salarié) ou un an (si vous êtes indépendants) n’est pas optimale d’un point de vue financier, car cet argent pourrait vous rapporter plus s’il était investi. Ce n’est pas pour autant une mauvaise décision — quand c’est dans la limite du raisonnable bien entendu — si cela vous permet de bien dormir la nuit.

Les décisions optimales

Ce sont les décisions qui ont le plus de sens financièrement, mais elles peuvent être difficiles à prendre émotionnellement. Voilà quelques exemples ci-dessous.

  • Refinancer votre prêt immobilier au fur et à mesure où votre bien prend de la valeur. Vous pouvez refinancer votre bien immobilier s’il a pris de la valeur pour un montant plus important que votre prêt initial. La banque vous versera la différence. Par exemple : vous achetez un bien à 500 000 $ avec un prêt de 300 000 $. 10 ans plus tard, votre bien est $1M et il vous reste à payer 250 000 $. En refinançant votre prêt pour 500 000 $, la banque vous versera 250 000 $ que vous pourrez réinvestir ailleurs.
  • Diversifier. Pour les Français, se construire un patrimoine, c’est acheter de l’immobilier. Ce qui a du sens en France à moins de sens aux États-Unis, car les montages immobiliers ici sont très limités. La plupart des économies d’impôts aux États-Unis se font via des comptes liés aux marchés financiers (401K, IRA, Roth IRA etc.). Plutôt que de tout investir dans l’immobilier, je recommande la chose suivante pour avoir un patrimoine bien diversifié. 30 % immobilier (en apport), 50 à 70 % marchés financiers (actions et obligations), 0 à 20 % en investissements alternatifs.

Pour conclure, l’important n’est pas toujours de prendre la décision optimale, mais de prendre une décision raisonnable et d’éviter les mauvaises décisions. Un compromis peut souvent être trouvé entre prendre une décision optimale qui a du sens financièrement et une décision raisonnable émotionnellement.

Chaque situation est différente et la situation de vos amis et collègues n’est probablement pas la même que la vôtre donc leurs décisions financières ne devraient pas influencer vos décisions financières.

N’hésitez pas à bloquer mon calendrier pour discuter de votre situation particulière.

Votre conseiller,

Guillaume

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