Une bonne revue financière annuelle ne consiste pas à regarder uniquement la performance de ses investissements. Pour un Français installé aux États-Unis, il faut aussi vérifier ses comptes retraite, ses liquidités, ses obligations déclaratives en France et aux États-Unis, ainsi que la protection de sa famille.
Vous pouvez faire cette revue en janvier, après votre déclaration fiscale ou au milieu de l’année. L’important est de la faire au moins une fois par an et après chaque changement important : nouvel emploi, mariage, naissance, achat immobilier ou projet de retour en France.
Cette checklist complète notre approche du planning financier pour les Français vivant aux États-Unis.
1. Votre fonds d’urgence est-il suffisant ?
Gardez généralement entre trois et six mois de dépenses courantes dans un compte liquide et facilement accessible. Six mois peuvent être plus adaptés si vos revenus sont irréguliers, si un seul salaire fait vivre le foyer ou si votre visa dépend de votre emploi.
Calculez ce montant à partir de vos dépenses, pas de vos revenus. Incluez notamment le logement, l’alimentation, les assurances, les mensualités de crédit et les dépenses familiales incompressibles.
Cet argent n’a pas vocation à obtenir le meilleur rendement possible. Il doit rester disponible au moment où vous en avez besoin. Un savings account rémunéré, un money market fund ou certains placements très courts peuvent convenir selon votre situation. La page consacrée aux placements à court terme détaille les principales possibilités.
Si vous détenez beaucoup plus de liquidités que votre fonds d’urgence et vos projets à court terme ne l’exigent, donnez une mission au surplus : remboursement d’une dette coûteuse, apport immobilier, compte retraite ou portefeuille diversifié.
2. Votre portefeuille correspond-il encore à votre niveau de risque ?
Le rééquilibrage consiste à ramener votre portefeuille vers l’allocation que vous aviez choisie entre actions, obligations et liquidités. Il ne s’agit pas de deviner quelle classe d’actifs montera l’année prochaine.
Une hausse importante d’un marché, d’un secteur ou de l’action de votre employeur peut modifier votre niveau de risque sans que vous ayez pris de décision. Vérifiez notamment :
- la répartition entre actions et obligations ;
- la concentration sur une seule entreprise ou un seul secteur ;
- les frais des fonds détenus ;
- les liquidités non investies dans les comptes ;
- la cohérence entre chaque investissement et son horizon.
Vous pouvez rééquilibrer avec de nouvelles cotisations, plutôt qu’en vendant systématiquement. Cette méthode peut limiter les conséquences fiscales dans un brokerage account. Pour revoir l’ensemble de votre allocation, consultez notre guide sur la manière d’investir son patrimoine aux États-Unis.
3. Avez-vous ajusté votre 401(k) ou votre 403(b) pour 2026 ?
En 2026, le plafond des cotisations salariales dans un 401(k), un 403(b) ou la plupart des plans 457 est de 24 500 $. Ce plafond ne comprend pas la contribution éventuelle de l’employeur.
Les participants âgés d’au moins 50 ans peuvent généralement ajouter 8 000 $, soit 32 500 $ au total. Entre 60 et 63 ans, le catch-up peut atteindre 11 250 $, ce qui porte le total des cotisations salariales à 35 750 $. Ces montants et conditions sont détaillés par l’IRS dans les plafonds 2026 des comptes retraite.
Vérifiez votre taux de cotisation maintenant. Si vous attendez décembre pour l’augmenter, il ne restera peut-être pas assez de fiches de paie pour atteindre votre objectif. Attention également à ne pas dépasser le plafond lorsque vous changez d’employeur en cours d’année : les deux entreprises ne connaissent pas forcément le montant déjà versé dans l’autre plan.
Le choix entre une cotisation Traditional et Roth dépend principalement de votre taux d’imposition actuel, de votre situation future et d’un éventuel retour en France. Notre guide explique comment maximiser son 401(k) ou son 403(b) en 2026.
4. Pouvez-vous encore contribuer à un IRA ou à un Roth IRA ?
En 2026, le plafond cumulé des cotisations à vos Traditional IRA et Roth IRA est de 7 500 $. Il passe à 8 600 $ à partir de 50 ans. Vous ne pouvez pas verser 7 500 $ dans chaque type d’IRA : le plafond s’applique à l’ensemble de vos IRA.
La possibilité de contribuer directement à un Roth IRA diminue lorsque le Modified Adjusted Gross Income se situe :
- entre 153 000 $ et 168 000 $ pour une personne célibataire ou head of household ;
- entre 242 000 $ et 252 000 $ pour un couple marié déclarant conjointement ;
- entre 0 $ et 10 000 $ pour une personne mariée déclarant séparément.
L’IRS publie les plafonds et seuils Roth IRA 2026. Une contribution destinée à l’année 2026 peut généralement être effectuée jusqu’au 15 avril 2027, mais il est préférable de ne pas attendre les derniers jours.
Si vos revenus empêchent une contribution directe, une Backdoor Roth IRA peut parfois être envisagée. Elle n’est pas automatiquement neutre fiscalement. La pro-rata rule peut déclencher un impôt si vous détenez déjà des montants avant impôts dans des Traditional IRA, SEP-IRA ou SIMPLE IRA. Faites vérifier l’opération avant de convertir.
5. Êtes-vous indépendant ou payé en 1099 ?
Un indépendant peut utiliser un Solo 401(k), un SEP-IRA ou, selon sa structure, un autre plan de retraite. Le meilleur choix dépend du revenu net, de la date de création du plan, de la présence d’employés et du besoin de cotisations Roth ou after-tax.
En 2026, le plafond global d’un defined contribution plan est de 72 000 $, hors catch-up autorisé. Dans un Solo 401(k), ce total peut combiner la cotisation versée en tant qu’employé et la contribution de l’entreprise. Les calculs deviennent plus techniques pour un travailleur indépendant.
Pour un SEP-IRA, la contribution employeur ne peut généralement pas dépasser le plus petit des deux montants suivants : 25 % de la rémunération admissible ou 72 000 $ en 2026. Le calcul applicable au revenu net d’un indépendant n’est pas une simple multiplication par 25 %. L’IRS explique les limites du SEP-IRA.
Ne choisissez pas automatiquement le Solo 401(k) ou le SEP-IRA à partir du seul plafond. Comparez les frais, les délais, les possibilités d’investissement et les conséquences d’un éventuel retour en France.
6. Avez-vous vérifié vos comptes et actifs détenus en France ?
Une personne américaine au sens du FBAR doit généralement déclarer ses comptes financiers étrangers lorsque leur valeur cumulée dépasse 10 000 $ à un moment quelconque de l’année. Le seuil s’applique au total des comptes, pas à chaque compte séparément. Le FinCEN précise le fonctionnement du seuil FBAR.
Le Form 8938 répond à des règles différentes et prévoit des seuils plus élevés selon le lieu de résidence et le statut de déclaration. Un contribuable peut devoir remplir le FBAR, le Form 8938 ou les deux. L’IRS compare les obligations du FBAR et du Form 8938.
Faites l’inventaire de vos comptes bancaires, comptes-titres, assurances-vie, plans d’épargne et participations détenus en France. Notez leur valeur maximale annuelle et transmettez les documents à un fiscaliste habitué aux situations franco-américaines.
Ne fermez pas un compte uniquement pour rester sous un seuil déclaratif. Une clôture peut avoir des conséquences fiscales, successorales ou pratiques, et le dépassement du seuil à un seul moment de l’année peut déjà suffire à déclencher une obligation.
7. Votre protection financière est-elle toujours adaptée ?
Une revue annuelle doit aussi couvrir les éléments qui ne figurent pas dans votre portefeuille.
Vérifiez vos assurances santé, disability, umbrella et life insurance. Contrôlez les bénéficiaires de vos comptes retraite et de vos assurances après un mariage, un divorce, une naissance ou un décès. Un testament ou un trust ne remplace pas automatiquement une désignation de bénéficiaire, et un trust ne doit pas être ajouté partout sans analyse.
Relisez également votre testament, votre power of attorney et votre advance health care directive. Notre guide explique comment transmettre son patrimoine et protéger sa famille aux États-Unis.
Enfin, regardez votre credit score, vos dettes à taux élevé, vos prélèvements automatiques et vos abonnements. Pour les impôts, comparez les retenues déjà effectuées avec votre revenu prévu afin de réduire le risque d’une grosse régularisation ou de pénalités.
La checklist rapide à refaire chaque année
- Mettre à jour le montant du fonds d’urgence.
- Rééquilibrer les investissements si l’allocation s’est éloignée de la cible.
- Ajuster le pourcentage du 401(k) ou du 403(b).
- Vérifier l’éligibilité à l’IRA ou au Roth IRA.
- Choisir le plan retraite adapté aux revenus 1099.
- Recenser les comptes et actifs détenus en France.
- Revoir les assurances, bénéficiaires et documents successoraux.
- Contrôler les dettes, le credit score et les retenues fiscales.
Ces vérifications donnent une vue assez complète de votre situation. Si plusieurs sujets se croisent entre la France et les États-Unis, vous pouvez prendre rendez-vous avec Oui Financial pour les traiter dans un seul plan.
Questions fréquentes
Trois à six mois de dépenses courantes constituent une base raisonnable. Une réserve plus élevée peut être justifiée si le foyer dépend d’un seul revenu, si l’emploi est instable ou si le statut d’immigration dépend de l’employeur.
Le plafond des cotisations salariales est de 24 500 $ en 2026. Le catch-up est généralement de 8 000 $ à partir de 50 ans et peut atteindre 11 250 $ entre 60 et 63 ans, si le plan le permet.
Le plafond cumulé des Traditional IRA et Roth IRA est de 7 500 $ en 2026. Il passe à 8 600 $ pour une personne âgée d’au moins 50 ans.
Un FBAR est généralement requis lorsque la valeur cumulée des comptes financiers étrangers dépasse 10 000 $ à un moment quelconque de l’année. Le Form 8938 utilise d’autres seuils et peut s’ajouter au FBAR. Faites vérifier les comptes et produits concernés par un professionnel.