Vous cotisez déjà à la retraite par répartition aux États-Unis… sans forcément le savoir
Quand on parle de retraite aux États-Unis, beaucoup pensent immédiatement aux comptes d’investissement comme le 401(k) ou l’IRA. Pourtant, il existe un pilier souvent sous-estimé mais incontournable du système américain : la Social Security.
Et surtout, une réalité surprenante pour de nombreux Français expatriés : vous participez probablement déjà à un système de retraite par répartition aux États-Unis, même sans en avoir pleinement conscience.
Une confusion fréquente existe d’ailleurs entre la Sécurité sociale française, principalement liée à la santé, et la Social Security américaine, qui correspond surtout à la retraite publique.
Un système finalement plus proche de la France qu’on ne le pense
En France, le principe de la retraite par répartition est bien connu : les actifs cotisent aujourd’hui pour financer les pensions des retraités actuels.
Contrairement à une idée répandue, les États-Unis fonctionnent également en grande partie sur ce modèle via la Social Security Administration.
Concrètement :
- des cotisations sont prélevées directement sur votre salaire via les taxes FICA ;
- cet argent n’est pas placé sur un compte d’investissement à votre nom ;
- il sert principalement à financer les prestations des retraités actuels.
Le mécanisme est donc beaucoup plus proche du système français qu’on ne l’imagine souvent.
Et contrairement à certaines idées reçues, la Social Security représente une source de revenus essentielle pour une grande partie des retraités américains. Pour beaucoup d’entre eux, elle constitue même la base principale de leurs revenus à la retraite.
Combien cotisez-vous réellement ?
Si vous êtes salarié aux États-Unis, vous contribuez automatiquement :
- à hauteur de 6,2 % de votre salaire pour la Social Security ;
- auxquels s’ajoutent 6,2 % payés par votre employeur.
Au total, cela représente donc 12,4 % de votre rémunération, dans la limite du plafond annuel fixé chaque année.
À cela s’ajoute Medicare, qui finance principalement le système de santé des seniors américains :
- 1,45 % payé par le salarié ;
- 1,45 % payé par l’employeur.
Les travailleurs indépendants paient généralement eux-mêmes la totalité de ces cotisations via la “self-employment tax”.
En pratique, cela représente souvent plusieurs milliers de dollars par an, parfois sans même que l’on y prête attention.
Ce que vous obtenez en échange
Contrairement à un portefeuille d’investissement, la Social Security ne vous appartient pas directement. Vous ne possédez pas un compte individuel avec un capital à votre nom.
En revanche, vous obtenez des droits importants.
Le premier est évidemment une retraite à vie. À partir de l’âge de la retraite, généralement entre 62 et 67 ans selon votre année de naissance, vous pouvez recevoir une pension mensuelle.
Le montant dépend principalement :
- de vos revenus durant votre carrière ;
- du nombre d’années travaillées ;
- de l’âge auquel vous commencez à percevoir vos prestations.
Plus vous attendez avant de déclencher votre retraite, plus le montant mensuel peut augmenter.
La Social Security prévoit également une protection en cas d’invalidité si vous ne pouvez plus travailler pour des raisons médicales.
Enfin, certaines prestations peuvent être versées :
- à votre conjoint ;
- à vos enfants dans certains cas ;
- voire à certains survivants dépendants financièrement de vous.
La Social Security est donc bien plus qu’un simple système de retraite.
Le point clé pour les Français : les 40 “credits”
Pour être éligible à la retraite américaine, vous devez accumuler des “credits” (anciennement appelés “quarters”).
Le fonctionnement est relativement simple :
- vous pouvez obtenir jusqu’à 4 crédits par an ;
- il faut généralement 40 crédits ;
- cela correspond approximativement à 10 années de travail.
Beaucoup de Français pensent donc automatiquement :
“Je ne vais pas rester 10 ans aux États-Unis, donc je ne toucherai rien.”
Mais cette conclusion est souvent fausse.
L’accord France – États-Unis change beaucoup de choses
La France et les États-Unis ont signé un accord de sécurité sociale, souvent appelé “Totalization Agreement”.
Cet accord permet de combiner les périodes travaillées dans les deux pays afin d’atteindre les conditions minimales d’éligibilité.
Par exemple :
- vous avez travaillé 5 ans aux États-Unis ;
- et 40 ans en France.
Même sans avoir accumulé seul les 40 crédits américains, vous pourriez malgré tout être éligible à une retraite américaine grâce à vos périodes françaises.
Attention cependant : cela ne signifie pas que vous recevez une double retraite complète.
Chaque pays paie uniquement la part correspondant aux années cotisées dans son propre système et selon ses propres règles de calcul.
Une erreur fréquente chez les expatriés français
L’une des phrases que nous entendons le plus souvent est :
“Je ne vais pas rester longtemps aux États-Unis, donc la Social Security ne sert à rien.”
C’est souvent une erreur.
Même quelques années de travail aux États-Unis peuvent :
- ouvrir des droits ;
- améliorer votre stratégie retraite globale ;
- créer des opportunités d’optimisation entre la France et les États-Unis.
Ignorer la Social Security peut donc conduire à passer à côté d’un élément important de votre planification financière internationale.
Social Security et 401(k) : deux choses très différentes
Il est essentiel de ne pas confondre la Social Security avec les dispositifs d’épargne retraite comme le 401(k) ou l’IRA.
La Social Security est conçue comme un socle de sécurité financière. Elle n’a généralement pas vocation à remplacer entièrement vos revenus d’activité.
C’est pourquoi il reste souvent essentiel de compléter ce système avec :
- un 401(k) ;
- un IRA ou Roth IRA ;
- des investissements complémentaires ;
- une stratégie patrimoniale adaptée à votre situation franco-américaine.
Ce qu’il faut retenir
Oui, les États-Unis disposent eux aussi d’un système de retraite par répartition.
Vous y contribuez automatiquement via votre salaire, même si vous êtes indépendant.
Pour de nombreux expatriés français, la Social Security peut représenter une source de revenus significative à la retraite, surtout lorsqu’elle est coordonnée avec les droits acquis en France.
Comprendre comment ces deux systèmes interagissent est souvent un élément clé d’une bonne stratégie financière internationale.
Besoin d’y voir plus clair ?
Chaque situation franco-américaine est différente.
Entre la Social Security américaine, les retraites françaises, les conventions fiscales et les stratégies d’investissement, les règles peuvent rapidement devenir complexes.
Si vous souhaitez comprendre comment intégrer la Social Security dans votre stratégie globale entre la France et les États-Unis, nous pouvons vous accompagner.